5 mai 2007

CHOISIR VOLONTAIREMENT LE PLAISIR!

C"est à trois ans, que l’enfant tente d’apprivoiser le réel et l’imaginaire. Plus son langage se structure, plus il fera la différence entre le réel et l’irréel, sans pour autant vouloir éliminer l’un ou l’autre.

On constate chez cet enfant, de plus en plus de démonstrations faisant état que son développement cognitif s’articule bien. Toutefois, la mise en place des schèmes de connaissances calqués sur les schèmes déjà acquis, crée souvent une sorte de déséquilibre ou de va-et-vient de ses apprentissages qui oscille entre acquis/régression.

L’enfant de trois ans est maintenant capable de représentations mentales qui seront limitées, bien sûr, à ses connaissances verbales des choses. Il nomme les choses par leur nom et il aime les demander par leur nom. De plus, il commence à accepter les autres dans ses jeux et accepte un peu plus les règles de jeu et l’enfant se plaît à jouer à faire semblant.

De 2 ans à 3 ans, c’est la période présymbolique, c’est-à-dire que la fonction symbolique se structure et que le langage s’installe progressivement en phrase de deux mots et plus. Lorsque l’enfant a atteint cette période présymbolique, les jeux du type «Jean dit... » , les jeux de reconstruction d’images comme les lotos ou de reconstruction de personnage comme dans les DLM, sont des jeux fortement prisés par celui-ci. De plus, on constate que sa compétence à les faire devient de plus en plus rapide et efficace. Il est alors temps d’initier l’enfant aux jeux éducatifs.

À 3 ans, se dessine la période symbolique, c’est-à-dire que l’enfant associe facilement le verbe (abstrait) à l’objet (concret) et l’enfant est alors capable de représentation mentale. C’est alors que le jeu sera supporté par l’intériorité du joueur et servira à organiser, structurer, élaborer son monde intérieur et extérieur. C’est aussi une période solitaire où l’enfant a plus tendance à jouer seul et ses règles sont plus aléatoires. Un jeu toujours lié au besoin de l’instant dans l’ici et maintenant sans beaucoup de concessions. L’enfant réfléchit ses actions!

ENFIN, PARLONS JEU!
Nous voici donc à la période de la vie d’un enfant où il est plus facile pour l’adulte de parler jeu puisque c’est vers trois ans que l’enfant joue selon les normes du grand art. En pleine possession de ses moyens, il est maintenant capable de faire des choix consciemment et volontairement. En fait, il peut répondre à la toute première phrase de ce chapitre:

Jouer c’est accomplir volontairement et consciemment un acte choisi librement parce qu’il nous apporte un certain plaisir. Les jeux ludiques avec ou sans jouets devraient être privilégiés, selon nous, sans pour autant bouder totalement les jeux éducatifs. Ceux-ci devraient être présentés à l’enfant de façon parcimonieuse et à dessin de répondre à ses interrogations.

L’ASPECT DES RELATIONS AFFECTIVES
Bien sûr qu’il y aura une relation affective entre joueurs qui s’autorise mutuellement à franchir ce monde hermétique du ludique et le partage du plaisir. Nonobstant cette permission il y aura aussi une autre permission que l’enfant accordera à un intrus en quelque sorte: l’intervenant. Cette fois cela se passera entre l’enfant qui joue et l’adulte qui est accueilli dans son monde ludique.Il y a de grandes chances qu’on puisse voir s’établir une relation affectueuse intense entre l’adulte et l’enfant. Mais pour qu’il y ait une réussite face à cette relation qui se joue, il y faut des règles précises. L’intervenant doit bien définir les règles d’autorité et de pouvoir, c’est primordial afin de ne pas tomber dans l’absurde de l’outil au service du sujet.

L’enfant s’attend à une relation stable, constante et permissive, mais sans faillir au statut d’adulte. Celui-ci est en quelque sorte un gage, une assurance permettant de ne pas franchir les limites de l’acceptable.

ADULTES
Quant à l’adulte, il doit rapidement transférer sur l’objet la dimension dynamique du jeu et se conserver l’apport affectif pour la motivation. De plus, l’adulte doit éviter à tout prix de devenir un objet de jeu. Un être humain adulte ou pas ne peut être utilisé comme outil ou objet, mais bien comme parti prenant de l’activité ludique.

Il y a deux facteurs importants pour qu’une relation de qualité s’installe entre l’enfant qui joue et l’adulte: c’est d’abord une relation affective de qualité, puis, une reconnaissance sociale axée sur l’entourage immédiat de l’enfant qui joue un rôle prépondérant. L’équilibre obtenu par ces deux facteurs importants permet la mise en place des processus mentaux élémentaires, supérieurs et même complexes.